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Quaestio

Anciennes mesures françaises

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Grandeur

Cela fait

0,376 mm

1 point typographique (point Didot)

Dans l’autre sens : 1 mm fait 2,6598 points typographiques.

  • Période: depuis les années 1780
  • Région: imprimerie française et européenne
  • Marchandise: caractères d’imprimerie

En savoir plus : point typographique

Toutes les mesures, de la plus petite à la plus grande

MesureCela faitPériodeUsage
Longueur
point typographique0,376 mmdepuis les années 1780caractères d’imprimerie
ligne2,256 mm1668–1840horlogerie, orfèvrerie, dessin
pouce2,707 cm1668–1840menuiserie, artillerie, sciences
pied du roi32,48 cm1668–1840bâtiment, marine, artillerie
aune1,188 mjusqu’en 1840draps, toiles, rubans, merceries
brasse1,624 mjusqu’au XIXe sièclesondage, cordages, voilure
toise1,949 m1668–1840bâtiment, arpentage, marine
perche5,847 mjusqu’en 1840arpentage des terres
lieue3,248 kmjusqu’en 1674région parisienne
Surface
pied carré0,1055 m²jusqu’en 1840bâtiment, menuiserie, vitrerie
toise carrée3,799 m²jusqu’en 1840maçonnerie, couverture, pavage
perche carrée34,19 m²jusqu’en 1840jardins, vignes, petites parcelles
journal3 286 m²jusqu’en 1840terres labourables
arpent3 419 m²jusqu’en 1840terres, vignes
Volume
chopine476,1 mljusqu’en 1840vin, cidre, lait
litron793,5 mljusqu’en 1840grains, farine, sel, pois
pinte952,1 mljusqu’en 1840vin, cidre, bière, lait
velte7,617 ljusqu’en 1840vin et eaux-de-vie
boisseau12,7 ljusqu’en 1840blé, seigle, orge
minot38,09 ljusqu’en 1840blé et autres grains
feuillette137,1 ljusqu’en 1840vin
setier152,3 ljusqu’en 1840blé et autres grains
barrique225 ldepuis le XIXe sièclevin
muid274,2 ljusqu’en 1840vin
corde2–5 m³du Moyen Âge à 1977bois de chauffage
Masse
grain53,11 mgjusqu’en 1840orfèvrerie, monnaie, pharmacie
gros3,824 gjusqu’en 1840pharmacie, épices, orfèvrerie
once30,59 gjusqu’en 1840épices, métaux précieux, pharmacie
quarteron122,4 gjusqu’en 1840beurre, fromage, denrées de détail
marc244,8 gjusqu’en 1840or, argent, monnaie
livre489,5 gjusqu’en 1840toutes marchandises
quintal48,95 kgjusqu’en 1840gros, denrées, métaux
Nombre
douzaine12attestée depuis le XIIe siècleœufs, couverts, boutons, huîtres
grosse144jusqu’au XXe siècleboutons, plumes, épingles, petite mercerie
rame500jusqu’à aujourd’huipapier
Durée
heure décimale2,4 h1793–1795France
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Comment ça marche

Une ancienne mesure a rarement une seule valeur. L’arpent existait en trois tailles au même moment, selon que la perche faisait 18, 20 ou 22 pieds : 0,342, 0,422 et 0,511 hectare, soit près de la moitié de surface en plus de la plus petite à la plus grande. Le muid valait environ 274 l pour le vin et environ 1 828 l pour le blé. Le minot comptait trois boisseaux pour le blé, quatre pour le sel, six pour l’avoine et huit pour le charbon. Chaque mesure est donc présentée avec ses valeurs côte à côte, avec la période, la région et la marchandise. Rien n’est ramené à une moyenne.

Trois systèmes se succèdent et se chevauchent. Les mesures d’Ancien Régime d’abord, dont les valeurs de Paris sont données ici. Le système métrique décimal ensuite, institué par la loi du 18 germinal an III (7 avril 1795) et rendu obligatoire le 1er vendémiaire an X (23 septembre 1801). Enfin les mesures usuelles du décret impérial du 12 février 1812, qui rendaient les anciens noms au commerce de détail mais avec des valeurs métriques rondes : la toise à 2 m, l’aune à 1,20 m, le boisseau à un huitième d’hectolitre, la livre à 500 g. La loi du 4 juillet 1837 les a abrogées à compter du 1er janvier 1840.

Une mesure qui a existé dans plusieurs de ces couches porte une valeur par couche, et c’est là que se produisent la plupart des erreurs de lecture. La livre poids de marc pèse 489,5 g, la livre usuelle 500 g : sur un quintal, l’écart dépasse le kilogramme. La toise de l’arpenteur fait 1,949 m, la toise usuelle exactement 2 m. Entre 1812 et 1840, les deux séries circulent dans les mêmes documents.

Toutes les équivalences métriques descendent d’un seul nombre. La loi du 19 frimaire an VIII (10 décembre 1799) fixe le mètre à 3 pieds 11,296 lignes de la toise de l’Académie, soit 443,296 lignes. La ligne vaut donc 2,255829 mm et le pied du roi 324,8394 mm. Les capacités de Paris se calculent à partir du pouce cube : la pinte fait 48 pouces cubes, le boisseau environ 640. Ces nombres sont ceux des tables, non ceux des ordonnances : celle de 1670 définit le boisseau par les dimensions du vase, ce qui donne plutôt 645 pouces cubes. C’est là que naissent les écarts entre tables, la pinte étant imprimée tantôt à 0,952 l, tantôt à 0,931 l.

Beaucoup de mesures n’ont jamais eu de valeur unique. Le pied du roi lui-même a changé en 1668, quand la toise déformée du Grand Châtelet a été remplacée par un étalon plus court de 5 lignes : un relevé antérieur à cette date ne se convertit pas avec la valeur d’après. Et à côté des mesures du roi, chaque ville et chaque seigneurie gardait les siennes ; plus de sept cents noms de mesures étaient encore employés à la veille de la Révolution, recouvrant un nombre bien plus grand de valeurs locales. Une aune, un boisseau ou un journal sans indication de lieu ne se convertissent pas, et ces mesures sont présentées ici avec leur fourchette attestée plutôt qu’avec un chiffre trompeur.

Les mesures de compte figurent aussi sur cette page. La douzaine, la grosse et la rame comptent des objets : elles se convertissent en un nombre, pas en mètres ni en kilogrammes, et la réforme métrique ne les a pas touchées. Le temps décimal, lui, a bien été décrété par la Convention, le 14 vendémiaire an II (5 octobre 1793) puis le 4 frimaire an II (24 novembre 1793), avant d’être abandonné moins de deux ans plus tard : c’est la seule partie du programme décimal qui n’ait pas tenu.

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